Immense gratitude et reconnaissance envers Pierre Rabhi qui nous a quittés le 4 décembre à l’âge de 83 ans.

Penseur, poète, écrivain, philosophe, Pierre Rabhi était -avant tout-  un homme d’action. Pionnier de l’agroécologie, il  a formé des milliers de paysans, notamment en Afrique, et a participé à  lutter contre la faim dans le monde. Si Thomas Sankara n’avait pas été assassiné en 1987, Pierre Rabhi aurait été nommé secrétaire d’Etat au développement rural au Burkina Faso. Ce pays aurait été alors le premier pays au monde à mettre en place une politique d’agroécologie au niveau national.  Lors  de nos enquêtes, plusieurs associations nous ont confirmé que de nombreux paysans qui cultivaient en agroécologie en Afrique étaient directement ou indirectement liés à Pierre Rabhi.

« Pionnier de l’agroécologie, il  a formé des milliers de paysans, notamment en Afrique, et a participé à  lutter contre la faim dans le monde »

Pour Pierre Rabhi, l’agroécologie est une éthique de vie depuis des dizaines d’années : « L’agroécologie n’est pas une fin en soi, me semble-t‑il, mais un prodigieux moyen qui peut nous permettre un autre regard sur le monde à partir de l’expérience objective du vivant. Pour devenir une véritable solution alternative, ce moyen doit s’accompagner d’une mutation de la conscience et d’un rapport différent à l’argent. »

Pour ce paysan philosophe, changer profondément de modèle agricole et alimentaire  était central et au cœur  de tout changement de système. Il  considérait nécessaire et indispensable de respecter la terre, de cultiver en harmonie avec la nature.

Crédit photo : Patrick Lazic

C’est peut-être ce rapport si particulier à la Terre-mère nourricière qui explique sa profonde humilité. Il est rare de rencontrer un homme de cette notoriété avec une telle humilité et surtout un tel accueil. Pierre  Rabhi saluait, parlait, échangeait avec chaque être humain qui le sollicitait. Une ouverture sans aucune méfiance, malgré un parcours de vie et une enfance jalonnés de ruptures.

« Il est rare de rencontrer un homme de cette notoriété avec une telle humilité et surtout un tel accueil »

Cet homme, nourri d’une grande lucidité, a compris très tôt les méfaits de notre consommation à outrance et de la croyance aveugle de notre modernité envers les progrès technologiques, certainement grâce à une enfance à Kenadsa dans une oasis du désert algérien.  Pierre Rabhi proposait une critique radicale de notre société, bien plus radicale que beaucoup aujourd’hui mais cette critique, qui a débouché sur de nombreuses structures (Terre et Humanisme, Les Colibris les Amanins….), n’était pas nourrie par la colère. Au contraire, Pierre Rabhi voulait repoétiser la société et savait savourer la beauté de la vie.

Nous le remercions sincèrement et profondément pour la confiance qu’il nous a accordée. Nous le remercions du fond du cœur  pour tout ce qu’il a apporté, pour toutes les personnes si nombreuses qu’il a inspirées par ses actions, ses écrits et sa présence.

Carnets d’alerte.

 

 

 

Commentaires (1)

Anonyme
5 décembre 2021 Répondre

Beaucoup de tristesse à l'annonce de ce capitaine de navire Pierre Rahbi qui nous donnait le cap sobriété
Un grand merci pour ses leçons de sobriété et de modestie
Impermanence, j'espère que les jeunes qu'il a formés sauront faire fructifier ses idées
Michèle Magnin-Robin

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